Aspects psychologiques
Le diagnostic est tombé. Vous l’appréhendiez probablement suite à la découverte d’une bosse, mais vous souhaitiez une autre issue.
La nouvelle est déstabilisante à plusieurs égards. Les gens réagissent à un diagnostic de différentes façons.
Vous pouvez vous poser beaucoup de questions au moment du diagnostic, être en état de choc, vous sentir dépassé, accablé, effrayé ou fâché ou bien vous pouvez tout simplement ne pas y croire. Le diagnostic correspond à une perte de repères importante, souvent accompagnée d’anxiété. Il est subitement difficile de se projeter dans l’avenir. Ce qui était planifié semble s’écrouler.
Un diagnostic de cancer peut aussi soulever des peurs. Vous pourriez avoir peur de mourir, peur des changements que votre corps subira, des traitements douloureux ou bien de vous sentir mal. Vous pourriez aussi vous préoccuper de la réaction de vos amis et de votre famille et de comment vous allez faire pour gérer vos tâches, votre travail ou votre situation financière.
Certaines personnes se sentent isolées, même si elles sont entourées d’amis ou de membres de leur famille. D’autres ont l’impression que cela arrive à quelqu’un d’autre. D’autres encore comprennent difficilement ce que le médecin leur dit, et elles ont besoin qu’on leur répète la même information plusieurs fois.
Toutes ces réactions sont normales. Il est également normal que des émotions et des peurs semblables se manifestent à plusieurs reprises au cours de votre expérience du cancer.
Dans tous les cas, ce n’est pas un bon moment pour prendre des décisions importantes dans les différentes sphères de votre vie ou faire des choix qui auraient des conséquences significatives à long terme, comme quitter son emploi ou son amoureux/amoureuse, etc. Rappelez-vous que vous êtes sous le choc et que votre pensée peut être brouillée par des craintes et émotions variées.
Rassurez-vous, l’intensité des émotions actuelles va probablement s’estomper dans les prochaines semaines, quand vous aurez davantage de repères. S’adapter à une telle nouvelle prend du temps. Vos capacités d’adaptation se mettront en œuvre. Ainsi, avec le recul, vous serez plus en mesure de vous situer.
Nous vous conseillons d’attendre au moins de connaître votre traitement, ses implications et le rythme de vie que vous pourrez mener avant de prendre toute décision majeure par rapport à vos engagements. Des mesures peuvent être prises avec votre employeur ou votre institution d’enseignement pour vous permettre de suivre les traitements, sans conséquence majeure sur la suite de votre parcours. Pour l’instant, l’important est surtout de prendre soin de vous, de suivre les conseils de l’équipe médicale, de tenter de vous apaiser en vous centrant sur le fait que cette équipe fera tout en son pouvoir pour vous traiter. Prenez en note les questions qui vous restent en tête pour que vous puissiez les poser lors de votre prochain contact avec cette équipe. Concentrez-vous sur une étape à la fois et prenez le temps de vous reposer ou de vous défouler dans des activités qui permettent de vous libérer de vos émotions fortes, comme l’anxiété.
Chacun réagit au diagnostic à sa propre façon, mais l’annonce de la maladie soulève invariablement son lot de questions.
Pourquoi est-ce que ça m’arrive?
Il est normal de se demander pourquoi le cancer nous frappe ou frappe l’un de nos proches. Personne ne sait pourquoi. Le cancer est une maladie complexe et il est souvent impossible de savoir pourquoi les choses arrivent ainsi. Vous serez peut-être confronté à cette question tout au cours de votre expérience du cancer.
Il peut être utile de se rappeler que de savoir « pourquoi » ne changera rien à l’évolution de la maladie. Vous poser sans cesse cette question peut nuire à votre capacité d’adaptation. Votre précieuse énergie serait plus utile si elle servait à vous aider ainsi qu’à votre famille à faire face à la maladie. Essayez de vous concentrer sur le moment présent et sur la façon dont vous pouvez le mieux vous adapter à la situation que vous allez vivre. Si vous trouvez cela difficile, il pourrait être utile de parler à un conseiller ou à un membre de votre équipe de soins de santé.
Est-ce que j’éprouverai de la douleur?
Presque tout le monde se préoccupe de la douleur qui pourrait être causée par le cancer ou son traitement. Bien que certaines personnes éprouvent de la douleur, elles peuvent n’en ressentir que de temps en temps. Il y a des gens qui n’en ont pas du tout. On peut soulager et prévenir la douleur de plusieurs façons, alors vivre avec le cancer ne signifie pas vivre avec la douleur. Si vous craignez la douleur, ou si vous en éprouvez, parlez-en à un membre de votre équipe de soins. Ils sont là pour vous aider.
L’anxiété et la tristesse peuvent parfois vous rendre plus sensible à la douleur ou vous donner l’impression qu’elle s’intensifie. Apprendre à faire face à ces émotions peut aider à atténuer la douleur et à améliorer votre humeur. Trouver des façons de soulager la douleur peut aider à faire face à vos émotions plus facilement.
Vais-je mourir?
Lorsqu’elles reçoivent leur diagnostic, de nombreuses personnes atteintes de cancer et leur famille pensent à la possibilité de mourir du cancer. C’est une réaction normale. Des pensées de ce genre peuvent être envahissantes, surtout au début. Au fur et à mesure que la réalité de l’expérience du cancer au quotidien s’installe, bien des gens commencent plutôt à penser à vivre avec cette maladie. Changer votre façon de penser peut vous aider à trouver la force et les ressources vous permettant de faire face aux défis engendrés par le cancer.
Devrai-je attendre pour être traité?
Une fois que vous avez reçu votre diagnostic, il est normal de penser que vous devriez commencer à être traité immédiatement. Vous pouvez craindre que l’ajout de tests et de rendez-vous prenne trop de temps. Vous pouvez penser que vous devez prendre une décision tout de suite sur votre traitement.
Attendre que le traitement commence n’est pas facile. L’équipe de soins peut habituellement indiquer à peu près combien de temps dureront les tests. Dans la plupart des cas, vous avez le temps de recueillir des renseignements, de parler avec votre équipe de soins et de prendre des décisions sur le traitement qui vous convient le mieux.
Comment puis-je faire face à la situation?
Chaque personne fait face au cancer d’une manière différente. Le temps et la pratique peuvent vous aider à vous adapter à votre nouvelle réalité.
Ces conseils peuvent vous être utiles :
- Renseignez-vous sur le type de cancer testiculaire dont vous êtes atteint et sur les méthodes de traitement. Prendre part au processus thérapeutique peut vous aider à vous sentir maître de ce qui se passe.
- Exprimez vos émotions. Parlez à un ami ou à un membre de la famille en qui vous avez confiance, écrivez un journal ou un blogue ou bien exprimez-vous par la musique, la peinture ou le dessin.
- Prenez soin de vous. Prenez du temps chaque jour pour faire quelque chose que vous aimez. Cela peut être aussi simple que de passer du temps avec un ami particulier, préparer votre repas favori ou écouter votre musique préférée.
- Faites de l’exercice si vous vous en sentez capable et si votre médecin est d’accord.
- Allez vers les autres. Les amis, la famille ou un groupe de soutien peuvent vous faire sentir que vous n’êtes pas seul pour traverser cette expérience du cancer.
- Essayez de garder une attitude positive. Garder espoir peut améliorer la qualité de votre vie tout au cours de cette expérience du cancer. Être positif ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Cela ne signifie pas que vous devez être joyeux et plein d’entrain en tout temps. Vous pouvez être positif juste en étant conscient de ce que vous ressentez et en l’acceptant, même si vous êtes préoccupé, déprimé ou fâché.
Quels tests votre médecin effectuera-t-il?
Il est possible que votre médecin vous fasse passer une échographie du scrotum afin de confirmer le diagnostic. Des analyses du sang seront pratiquées, y compris celles pour détecter les « marqueurs tumoraux », appelés « alpha-foetoprotéine » (AFP) et « bêta-hCG » (BHCG).
Il aura recours à une radiographie pulmonaire et à la tomodensitométrie de l’abdomen et des poumons. Votre urologue fera les démarches nécessaires pour que vous ayez une chirurgie afin d’enlever le testicule, une procédure appelée « orchidectomie inguinale radicale ».
« Rassurez-vous, l’intensité des émotions actuelles diminueradans les prochaines semaines, quand vous aurez davantage de repères. S’adapter à une telle nouvelle prend du temps. »

